L’histoire de Rossotroudnitchestvo

L’histoire de Rossotroudnitchestvo a débuté en 1925, lorsque le gouvernement de l’URSS décida de créer la Société soviétique pour les relations culturelles avec l’étranger (VOKS) avec pour mission le développement de la coopération culturelle de l’URSS avec les pays étrangers afin d’améliorer la  compréhension mutuelle et l’amitié entre les peuples

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La Société pour les relations culturelles avec l’étranger (VOKS)

La Société pour les relations culturelles avec l’étranger (VOKS) a été créée en 1925. C’était l’époque difficile où s’est formé un nouveau gouvernement qui n’était pas reconnu au niveau international et qui n’avait pas de contacts avec l’étranger. Il apparut nécessaire de faire connaître ce tout nouveau système politique dont il n’existait pas de semblable au monde, de donner une information objective pour balayer les mythes qui apparaissaient autour des nouveaux dirigeants soviétiques et pour soutenir l’intelligentsia scientifique et culturelle à l’étranger.

La VOKS était chargée d’ « établir et développer une coopération scientifique et culturelle entre les institutions, les organisations publiques et les acteurs de la culture en URSS et à l’étranger ».

Cet organisme fut d’abord dirigé par Olga Kameneva, soeur de Léon Trotski et épouse de Lev Kamenev, premier Chef de l’État soviétique. Olga Kameneva avait été auparavant à la tête de la Commission pour l’aide étrangère à la Russie, fondée un an après la création de l’Union soviétique et qui servit d’ailleurs de modèle pour la création de la VOKS.

La VOKS fut organisée en sections : sciences et techniques, littérature, éducation et formation linguistique. Cette dernière avait pour but le développement de l’étude des langues étrangères.  De grands hommes d’État, des personnalités publiques, des représentants de l’intelligentsia furent à l’origine de ce mouvement pour l’amitié et la coopération ! Parmi eux des scientifiques : le physicien Serguei Vavilov, le biochimiste Alexandre Oparine, le chimiste Nikolaï Semenov ; des hommes d’art et de culture : les cinéastes Serguei Eisenstein et Mikhaïl Romm ; le poète Vladimir Maïakovski ; les compositeurs Sergueï Prokofiev et Dimitri Chostakovitch ; les écrivains Ilia Erenbourg, Yuri Zavadski, Constantin Simonov et Mikhaïl Cholokhov ; la ballerine Galina Oulanova ; le comédien Nikolaï Tcherkassov et bien d’autres.

Le travail de la VOKS s’est appuyé sur un réseau d'activistes philosoviétiques et plus tard antifascistes et sur de nombreux exilés russes qui gardaient des liens personnels avec l’URSS. Parmi les partisans actifs de la promotion des relations avec l’URSS on comptait également des personnalités de renommée mondiale qui ont contribué par leur influence à la création et au développement des activités de nombreuses associations d’amitié. Il suffit de citer des noms comme Albert Einstein, Anatole France, Romain Rolland, Rabindranath Tagore, Henri Barbusse, Martin Andersen-Nekse, Bernard Show, Théodore Dreiser, Herbert Wells, Marie Curie, David Siqueiros, Thomas Mann, Ernest Hemingway, Charlie.

La VOKS pour sa part envoyait à des congrès et conférences à l’étranger des délégations et représentants du monde des sciences et de la culture soviétiques, des collectifs de théâtre, des ensembles musicaux et des troupes chorégraphiques. Elle organisait aussi des échanges de matériel destiné à des expositions dans le domaine littéraire et muséal, etc. Ce fut dans le cadre de la VOKS que commencèrent les premiers voyages de citoyens soviétiques à l’étranger.

La VOKS œuvrait au niveau international pour mobiliser des personnalités du monde de la culture pour lutter contre le nazisme. Avec l’appui des associations d’amitié la VOKS diffusait l’information relatant les exploits du peuple soviétique dans la lutte contre l’envahisseur et la cruauté des nazis dans les territoires occupés. En URSS, on vit également la VOKS  s’impliquer dans la fourniture de médicaments, d’équipements pour les hôpitaux et d’autres aides obtenues grâce aux citoyens des pays sympathisants. 

On ne saurait sous-estimer l’apport de cette diplomatie populaire dans les années 20 et 30, car c’est grâce à elle que l’on a réussi à pratiquer des ouvertures dans le Rideau de fer qui séparait des sociétés de type différent et à établir des contacts avec le monde extérieur. Dans les années 40, ces relations contribuèrent à constituer un front antifasciste uni et à attirer les alliés aux côtés de la Russie.

La VOKS œuvrait au niveau international pour mobiliser des personnalités du monde de la culture pour lutter contre le nazisme. C’est ainsi que l’écrivain Ernest Hemingway déclara en juillet 1941: «Je suis à 100% solidaire avec l’Union soviétique dans sa lutte contre l’agression fasciste. »  Elle entretenait des liens étroits avec les Allemands ayant émigré après l’arrivée au pouvoir des nazis, notamment avec le physicien Albert Einstein, Henri Mann, frère du prix Nobel de littérature Thomas Mann, l’écrivain Lion Feuchtwanger et l’auteur dramatique Bertolt Brecht. On imprimait les ouvrages des écrivains et on leur demandait de rédiger des articles.

L'art, dont on avait reconnu qu’il ravivait l’ardeur des combattants, occupa une place particulière dans lutte contre le nazisme. L’on pense notamment ici à la 7ème symphonie de Dmitri Chostakovitch « Léningrad », chef d’œuvre musical du XXe siècle qui fut créé en 1941 pendant le siège de Léningrad. Cette œuvre fut interprétée dans de nombreux pays grâce à la VOKS qui put retransmettre la symphonie en Angleterre, aux USA et dans d’autres pays sur ses propres canaux.

Vers la fin de la guerre, les activités des sociétés d’amitié reprirent dans les territoires libérés et la VOKS en enregistra de nouvelles. Dans les pays occidentaux, on assista à l’éveil d’un véritable intérêt pour l’Union soviétique et pour la culture de son peuple qui avait vaincu le fascisme.

Des sociétés d’amitié avec l’URSS commencèrent à se créer activement au nombre desquelles, au cours de la seule année 1945, la société d’amitié avec l’Albanie, la Société pour la coopération culturelle avec la Yougoslavie, l’association Autriche-URSS, l’Institut russe aux Pays-Bas, l’association Norvège-URSS, l’association roumaine pour des liens d’amitié avec l’Union soviétique et les associations Suisse-URSS, et Madagascar-Union soviétique.

En 1957 il existait des associations nationales d’amitié avec l’URSS dans 47 pays. 

 

L’Union des sociétés soviétiques d’amitié et de relations culturelles avec les pays étrangers (SSOD)

Ce fut ensuite la période de la Guerre froide. De nouveaux objectifs politiques furent fixés et les activités de la VOKS changèrent. En 1958, elle devint l’Union des sociétés soviétiques d’amitié et de relations culturelles avec les pays étrangers (SSOD). Nina Popova, femme politique soviétique, fut nommée à la tête de cette nouvelle structure.

La SSOD regroupa toutes les sociétés, associations, comités d’amitié, sociétés républicaines pour les liens culturels avec l’étranger qui existaient. Dans les tâches qui leur incombaient entraient maintenant non seulement l’établissement de contacts avec l’étranger mais aussi le développement de l’enseignement de l’histoire et de la culture des autres pays pour les citoyens soviétiques.

De même que la VOKS, la SSOD œuvra dans un climat international tendu né de la confrontation entre deux systèmes politiques totalement opposés, celui de l’URSS et celui des USA. À l’époque où l’on assista à une détérioration des relations entre l’Union soviétique et les pays occidentaux et alors que pratiquement tous les contacts politiques et économiques avaient cessé, les activités des sociétés d’amitié créées dans ces pays étaient parfois l’unique lien qui permettait encore des échanges, notamment au niveau des simples citoyens.

Des personnalités du domaine des sciences et de la culture se trouvaient à la tête de ces sociétés d’amitié, preuve de l’importance de ces organismes. C’est ainsi qu’Andreï Tupolev, académicien et constructeur aéronautique, dirigea l’association d’amitié avec la Bulgarie, le réalisateur soviétique Sergeï Guerassimov l’association d’amitié avec l’Italie, le cosmonaute Youri Gagarine l’association d’amitié avec Cuba et le cosmonaute Guerman Titov l’association d’amitié avec le Vietnam.

Les activités de la SSOD et des associations d’amitié furent diverses: échange de délégations et de groupes touristiques, coopération dans le domaine scientifique et culturel, organisation d’expositions, de festivals, de Journées dédiées aux sciences et à la culture de l’URSS, échange de correspondance amicale entre des collectifs et des particuliers.

Les sociétés d’amitié rassemblaient 25.000 entreprises, kolkhozes, sovkhozes, établissements d’enseignement, organismes scientifiques et culturels. Elles employaient plus de 50 millions de personnes. Chaque jour, à elles seules, elles organisaient près de 25.000 manifestations consacrées aux pays étrangers.

En 1975, la SSOD disposait déjà à l’étranger d’un réseau de 63 sociétés d’amitié qui contribuaient au développement de la coopération internationale. Dans les années 1970-1980 on assista à la création de centres culturels soviétiques, de Maisons des sciences et de la culture russes qui devinrent des point d’information sur la vie culturelle, scientifique et sociale en l’Union soviétique. En parallèle à Moscou s'ouvrirent des cinémas portant le nom de capitales jumelées avec la capitale soviétique comme le cinéma « Prague », « Varsovie »…

Alors que s’accélérait la course aux armements entre l’URSS et les USA, la SSOD déploya une intense activité en faveur de la diminution de la tension internationale et de la préservation de la paix, position qui, après l’arrivée au pouvoir de Mikhaïl Gorbatchev fut soutenue au niveau de la politique étrangère du pays.

Dans les années 1980, la SSOD poursuivit ses activités, notamment dans le domaine de la diffusion de la connaissance de la langue et de la culture russes à l’étranger. Selon des sources officielles, des cours de langue russe furent organisés avec son soutien dans plus de 90 pays; ils ont été suivis par 600.000 personnes environ. Près de 10.000 expositions conçues par la SSOD circulèrent à l’étranger. Plus de 450 périodiques furent envoyés à 7.000 abonnés résidant hors des frontières de l’URSS.

L’Association russe de coopération internationale (RAMS) et le Centre russe de coopération internationale dans le domaine des sciences et de la culture près le Gouvernement de la Fédération de Russie (Roszaroubejsentr)

Au début des années 1990, à la suite de l’éclatement de l’URSS, les organismes et administrations publics du pays subirent des réformes. Il en fut de même pour la SSOD. En avril 1992, l’Association russe de coopération internationale (RAMS) lui succéda. En 1994, en raison de l’élargissement de ses missions, il fut décidé de transférer les activités de cette dernière au Centre russe de coopération internationale dans le domaine des sciences et de la culture près le Gouvernement de la Fédération de Russie (Roszaroubejsentr). Pour la première fois de son histoire le système VOKS-SSOD-RAMS-Roszaroubejsentr devint un organe gouvernemental. À sa tête fut nommée Valentina Terechkova (la première femme cosmonaute).

Grâce à l’action et à la célébrité du personnage, le Roszaroubejsentr connut une période de stabilité et conserva les liens noués au cours de nombreuses années. C’est à cette époque que s’ouvrirent des Centres aux USA, en France, en Belgique, en Slovaquie, au Vietnam, etc. Leur objectif principal restait l’information culturelle. Dans les Centres se déroulaient des festivals, expositions, cours et ateliers. En Russie, le Roszaroubejsentr apportait une aide aux Régions pour le développement de leurs échanges avec l’étranger.

Entre 2004 et 2008 furent ouverts les premiers Centres dans les pays de la CEI (Kazakhstan, Ukraine, Ouzbékistan). Les Roszaroubejsentr participèrent à l’étranger à l’organisation des manifestations dans le cadre des premières « Années croisées » qui favorisèrent l’élargissement du cercle de nos partenaires.

L’Agence Fédérale pour la CEI, la diaspora russe à l’étranger et la coopération humanitaire internationale (Rossotroudnitchestvo)

Afin de développer les activités de l’organisme créé dans l’espace post-soviétique après l’éclatement de l’URSS il fallut élaborer une nouvelle approche des relations internationales non seulement avec les pays éloignés, mais aussi avec les pays voisins. Il fut nécessaire de créer un organe fédéral spécial disposant de ses propres pouvoirs pour développer les liens avec les pays étrangers, et plus particulièrement avec les pays de la CEI. C’est à cette fin que fut créée par décret du Président de la Fédération de Russie (décret n° 1315 du 6 septembre 2008) l’Agence fédérale pour la CEI, la diaspora russe à l’étranger et la coopération internationale culturelle et en sciences humaines (Rossotroudnitchestvo).

Le rôle principal du Rossotroudnitchestvo est la réalisation de projets destinés à renforcer les liens internationaux dans le domaine des sciences humaines et à promouvoir une image positive de la Russie à l’étranger.

Il a pour objectif de soutenir la diffusion de la langue russe dans le monde, mettre en lumière les sciences, la culture et l’éducation russes, collaborer avec des compatriotes résidant à l’étranger, réaliser des événements dans le domaine de la coopération au développement international et de la diplomatie publique.

La Russie dispose aujourd’hui d'un énorme potentiel pour élargir ses contacts, pour faire connaître ses diverses cultures ainsi que son riche héritage historique. Comme par le passé, il est primordial que notre pays soit présenté de façon objective, de se débarrasser des mythes, et d’agrandir le cercle de nos amis tant au niveau de l’État qu’au niveau des simples citoyens.

Compte tenu des succès obtenus au cours de sa longue histoire par le système VOKS-SSOD-RAMS-Roszaroubejsentr-Rossotroudnitchestvo, l’Agence met à profit cette expérience pour la mise en application de la politique gouvernementale dans ce domaine.

 

En effet, l’histoire de Rossotroudnitchestvo a débuté en 1925, lorsque le gouvernement de l’URSS décida de créer la Société soviétique pour les échanges culturels avec l’étranger (VOKS) avec pour mission le développement de la coopération culturelle de l’URSS avec les pays étrangers afin d’améliorer la compréhension mutuelle et  l’amitié entre les peuples.

De grands hommes d’État, des personnalités publiques, des représentants de l’intelligentsia furent à l’origine de ce mouvement pour l’amitié et la coopération ! Parmi eux des scientifiques : le physicien Serguei Vavilov, le biochimiste Alexandre Oparine, le chimiste Nikolaï Semenov ; des hommes d’art et de culture : les cinéastes Serguei Eisenstein et Mikhaïl Romm ; le poète Vladimir Maïakovski ; les compositeurs Sergueï Prokofiev et Dimitri Chostakovitch ; les écrivains Ilia Erenbourg, Yuri Zavadski, Constantin Simonov et Mikhaïl Cholokhov ; la ballerine Galina Oulanova ; le comédien Nikolaï Tcherkassov et bien d’autres.

Le travail de la VOKS s’est appuyé sur un réseau de militants philosoviétiques et plus tard antifascistes et sur de nombreux exilés russes qui gardaient des liens personnels avec l’URSS. Parmi les partisans actifs de la promotion des relations avec l’URSS on comptait également des personnalités de renommée mondiale qui ont contribué par leur influence à la création et au développement des activités de nombreuses associations d’amitié. Il suffit de citer des noms comme Albert Einstein, Anatole France, Romain Rolland, Rabindranath Tagore, Henri Barbusse, Martin Andersen-Nekse, Bernard Show, Théodore Dreiser, Herbert Wells, Marie Curie, David Siqueiros, Thomas Mann, Ernest Hemingway, Charlie.

On ne saurait sous-estimer l’apport de cette diplomatie populaire dans les années 20 et 30, car c’est grâce à elle que l’on a réussi à pratiquer des ouvertures dans le Rideau de fer qui séparait des sociétés de type différent et à établir des contacts avec le monde extérieur. Dans les années 40, ces relations contribuèrent à constituer un front antifasciste uni et à attirer les alliés aux côtés de la Russie.

En 1958, l’Union des associations soviétiques d’amitié (UASA) a succédé à la VOKS. La nouvelle organisation fédérait plus de 1000 associations publiques qui oeuvraient pour le développement des contacts avec ses 7500 homologues de 134 pays du monde. En 1987, sur la base de l’UASA fut créée l’Association pour la coopération internationale de Russie. Valentina Terechkova, la première femme cosmonaute, présida pendant de longues années cette structure qui a subi par la suite plusieurs changements de nom tout en continuant à servir la cause de l’amitié et de la coopération humanitaire.

En septembre 2008, l’Agence fédérale pour la Communauté des États Indépendants, la diaspora russe à l’étranger et coopération internationale culturelle et en sciences humaines (ROSSOTROUDNITCHESTVO) fut créée par décret du Président. L’agence poursuit les mêmes objectifs et dispose d’un réseau de représentations, communément appelées « Centre pour la science et la culture de Russie », qui sont actuellement implantées dans 81 pays du monde.

Chaque année les antennes de l’Agence organisent plus de 1500 manifestations: conférences, concerts, expositions de peintures et de photographies, festivals culturels, musicaux et cinématographiques, visites de personnalités, etc. Les Centres culturels assurent l’enseignement de la langue russe dans le monde : aujourd’hui, ces cours accueillent environ 12 000 personnes chaque année. Dans le cadre des programmes d'éducation, les Centres offrent en outre différentes possibilités d'études ou de stages linguistiques en Russie. Plusieurs Centres hébergent également des clubs de presse, des cercles de peinture, d'échecs, des sections sportives.

Le Centre scientifique et culturel de Russie (CCSR) de Luxembourg a été créé dans le cadre de l’Accord sur le statut et les modalités de fonctionnement du Centre scientifique et culturel de Russie au Grand-Duché de Luxembourg, signé entre le Gouvernement de la Fédération de Russie et le Gouvernement du Grand-Duché de Luxembourg le 16 mars 2010. Le CCSR a été ouvert un an plus tard, après les travaux de rénovation des locaux occupés pendant 35 ans par Le Centre culturel A.S. Pouchkine dont il continue la mission.